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CD Josquin Desprez – The Legend of Josquin Desprez

Commande du CD

CD Deutsche Harmonia Mundi (Sony Music), n° 88843062462

 


Josquin Desprez (c. 1450/5-1521)

1. Praeter rerum seriem - Motet à 6 voix

 

7'42

Josquin Desprez

2. Benedicta es caelorum Regina - Motet à 6 voix

 

7'10

Benedictus Appenzeller (c. 1480 - after 1558)

3. Musae Jovis - Motet à 4 voix

 

5'53

Adrian Willaert (c. 1490-1562)

4. Missa Benedictus es à 5 voix: Kyrie

 

4'55

Orlando di Lasso (1532-1594)

5. Magnificat secundi toni super Praeter rerum seriem

    à 6 voix

 

12'12

   

Giovani Pierluigi da Palestrina (c. 1525/6-1594)

6. Missa Benedicta es à 6 voix: Sanctus - Benedictus

 

8'31

Cristóbal de Morales (c. 1500-1553)

7. Missa Benedicta es à 4 voix: Agnus Dei

 

6'16

Jacquet of Mantua (1483-1559)

8. Dum vastos Adriae - Motet à 5 voix

 

8'06

Josquin Desprez / Jean Castileti (c. 1512-1588)

9. Benedicta es caelorum Regina - Motet à 12 voix

 

7'26

Victor Cordero (*1971)

10. Premier chant contre le cours des choses

à 14 voix (2010-12)

 

3'53

   
   
   
   
   
   
   

Interprètes :

Cantus : Agathe Boudet, Eve Kopli Scheiber, Clara Meloni
Altus : Francesca Puddu, Javier Robledano Cabrera, François Bataillard, Simon Jordan
Tenor : Raphaël Favre, Daniel Issa, Nicolas Savoy
Bassus : Jedediah Allen, Boris Fringeli, Christophe Gautier, Stéphane Karlen

Direction : Adriano Giardina.

Présentation:

Aucun compositeur n’a été autant adulé au XVIe siècle que Josquin Desprez, à tel point qu’on peut comparer cette présence à celle de Beethoven pour le XIXe siècle.

Lamusique du franco-flamand Josquin commence à être connue en Europe à partir de la fin du XVe siècle, mais c’est grâce aux recueils de Petrucci, un des premiers éditeurs de musique de l’histoire, qu’elle se propage plus largement au début du nouveau siècle. Et durant près de cent ans, elle ne cessera d’être chantée du sud au nord du continent.

Les théoriciens de la musique érigent le compositeur en modèle indépassable. Le Suisse Glaréan le compare par exemple à Virgile. Martin Luther lui-même souhaite qu’un motet du musicien soit interprété sur son lit de mort. Dans un registre plus léger, Baldassare Castiglione relate dans Le livre du courtisan qu’un motet interprété à la cour de la duchesse d’Urbino ne plaisait à personne jusqu’à ce qu’on découvre qu’il était l’oeuvre de Josquin !

De plus, les compositeurs n’ont cessé à leur manière de témoigner leur admiration à l’égard dumaître.

C’est autour de quelques-uns de ses hommages musicaux qu’est construit ce programme. Les motets de Josquin Praeter rerum seriem et Benedicta es caelorum Regina, tous deux à six voix, en constituent en quelque sorte le fil conducteur. En effet, le matériau musical de cesoeuvres a été « recomposé» de mille manières différentes par toute une série de musiciens grâce à la technique connue sous le nom de « parodie ».

Praeter rerum seriem de Josquin est un motet monumental en deux parties basé sur l’hymne de plain-chant homonyme. La mélodie grégorienne est traitée en cantus firmus ( en valeurs rythmiques longues ) tout au long de la pièce. Mais, grâce à un renouvellement de l’ancienne technique de l’isorythmie, cette mélodie migre régulièrement de la voix de tenor à celle de cantus et vice-versa. Ces échanges ont un impact sur la texture polyphonique de la pièce.
En effet, Josquin fait régulièrement s’alterner des ensembles à nombre réduit de voix graves
ou aiguës. Des tuttis ponctuent le discours et parachèvent cette cathédrale sonore.
Le Magnificat Praeter rerum seriem à six voix de Roland de Lassus date d’avant 1582. C’est
l’une des plus imposantes mises en musique du Cantique de Marie parmi les cent un que le
compositeur a laissées. Pour un démiurge comme Lassus, prendre Josquin comme modèle
implique non seulement de l’imiter, mais également de s’employer à le « surpasser ». Il écrit
ainsi une pièce plus longue qui démontre une science éblouissante du contrepoint. Lassus
reprend dans presque chaque verset une partie de la pièce originale de Josquin et, au travers
de sa réécriture et d’ajouts, construit des textures polyphoniques bien plus denses, de fait
typiques de son style le plus savant. Ainsi, par exemple, si Lassus propose comme Josquin un
ensemble à nombre réduit de voix graves au début de sa pièce, il insère deux voix supplémentaires
qui se répondent tout en enrichissant le trio original. Le dernier verset débute lui
aussi par un retravail des premières mesures de Josquin, mais cette fois-ci avec des valeurs
rythmiques divisées par deux. Par cette répétition variée, Lassus parvient à équilibrer la forme
de son magnificat tout en intensifiant le discours pour conclure.
Le compositeur suisse d’adoption Victor Cordero a lui aussi pris Praeter rerum seriem de
Josquin comme modèle dans ses Trois chants contre le cours des choses pour seize voix mixtes.
L’oeuvre a été commandée et créée par La Sestina en 2010. Pour ce programme, le compositeur
a arrangé le premier des chants pour quatorze voix dans les tessitures des chapelles vocales
de la Renaissance.
Benedicta es caelorum Regina est comme Praeter rerum seriem un des motets les plus appréciés
de Josquin auXVIe siècle. Et il repose également sur unemélodie empruntée au plain-chant qui
innerve tour à tour les voix de cantus et de tenor.Mais, ici, la mélodie se fond bien plus dans le
tissu polyphonique, dans lamesure où les valeurs rythmiques qu’elle utilise sont souvent identiques
à celles des autres voix. Par ailleurs, l’écriture musicale est plus aérée : Josquin recourt
souvent au duo. La secunda pars de l’oeuvre, sur les trois qui la constituent, est d’ailleurs un
bicinium cantus – altus d’une incomparable beauté.
Trois compositeurs, rien moins qu’Adrian Willaert, Giovanni Pierluigi da Palestrina et
Cristóbal deMorales, ont chacun écrit unemesse ad imitationemBenedicta es.C’est l’occasion
pour nous d’interpréter unmouvement différent de chacun de cesmusiciens.De l’oeuvre de
Willaert, qui requiert cinq voix, nous avons retenu le Kyrie. Le musicien déploie ici une polyphonie
imitative avec des entrées de sujets souvent rapprochées. C’est dans le second Kyrie,
basé sur le sujet do-si-sol-la-sol, que cette tendance est la plus prononcée.
Le Sanctus – Benedictus de lamesse de Palestrina est comme ses autresmouvements à six
voix.Mais, procédure courante, le compositeur réduit ce nombre à trois pour la section Pleni
sunt coeli et terra gloria tua et à cinq pour le Benedictus. Le début du Sanctus est majestueux
grâce à une écriture homophonique d’une grande densité. L’unique Osanna, qui conclut à
la fois le Sanctus et le Benedictus, est au contraire imitatif et en proportion ternaire.
Lesmesses deWillaert et Palestrina ont été conservées sous formemanuscrite, en revanche
celle de Morales a été publiée, à Rome en 1544 dans son Deuxième livre de messes. Le second
Agnus Dei de l’oeuvre se distingue du premier par l’ajout de deux voix supplémentaires au
quatre de base et par la présence d’un canon à la quarte supérieure entre les voix d’altus secundus
et de cantus secundus. Par ailleurs, le compositeur ménage dans ce second mouvement un
nombre important de cadences à intervalles temporels irréguliers pourmaintenir un équilibre
entre densité contrapuntique et clarté formelle.
Benedicta es caelorum Regina a en outre été enrichi de six voix supplémentaires si placet par
le compositeur peu connu Jean Castileti. Cet arrangement a été publié dans une anthologie
vénitienne de 1568. L’édition fait figurer dans chacune de ses parties séparées une des voix
originales de Josquin sur une page de gauche et, en regard sur la page de droite adjacente, une
des voix nouvelles de Castileti. L’oeuvre en est toute transformée, malgré la permanence des
voix écrites par Josquin : la monumentalité remplace la clarté formelle.
Les lamentations écrites à l’occasion de la mort d’une personne illustre constituent une
autre forme d’hommagemusical. La disparition de Josquin en a suscitées pasmoins de trois.
Nous interprétons ici celle de Benedictus Appenzeller ( qui n’est pas suisse malgré son
patronyme…, mais franco-flamand ). Précédée de la mention « In Josquinum a Prato, Musicorum principem, Monodia », ses quatre voix déclament le poème Musae Jovis. La pièce est
en mode phrygien, le mode par excellence qui exprime les sentiments douloureux.
Enfin, lemotet Dum vastos Adriae à cinq voix de Jacquet deMantoue constitue un hommage
singulier à Josquin. En effet, il cite dans sa secunda pars en tous cas cinq fragments, textuels
etmusicaux, demotets dumaître : Praeter rerum seriem, Stabat mater, Inviolata integra et casta es,
le Salve Regina à cinq voix et Miserere mei Deus.

Adriano Giardina

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Bandeau

Concerts

 

Thomas Crecquillon – Compositeur au service de Charles Quint

01.10.2016 à 20h15 – Collégiale de Neuchâtel

02.10.2016 à 17h00 – Lausanne, Eglise de Villamont

14.10.2016 à 20h15 – Genève, Eglise luthérienne

Dernier CD CD Angel's Voice

Francisco Guerrero
The Angel's Voice
DHM, Sony Music, 2011

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