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Tomás Luis de Victoria entre Renaissance et Baroque

L'oeuvre du grand polyphoniste espagnol Tomás Luis de Victoria se situe à un moment charnière de l'histoire de la musique : le dernier tiers du XVIe siècle. C'est durant cette période qu'au nom de l'expression des affects le langage musical subit un profond bouleversement qui mènera de la Renaissance à la période baroque. Et Victoria, d'abord en Italie, puis en Espagne, publie des recueils de musique sacrée qui témoignent de cette évolution.

L'Ensemble La Sestina aimerait, par ce programme, rendre compte de ce processus, en interprétant des extraits tirés de trois publications clés du maître.

On y entend d'abord des oeuvres appartenant au « premier opus » d'un compositeur de vingt-quatre ans. Il s'agit d'un livre de motets publié à Venise en 1572. C'est ici qu'on trouve quelques-uns des motets à la fois les plus aboutis et les plus célèbres du compositeur. Leur style est encore pleinement tributaire du contrepoint renaissant. Toutefois, ils apparaissent comme très modernes grâce à une projection rhétorique du texte, réalisée par différents moyens. De plus, une suavité et une plasticité mélodique inégalées leur confèrent un pouvoir expressif hors du commun. Nous avons retenu deux motets à quatre voix, Senex puerum portabat et Vere languores nostros, deux motets à cinq voix, Dum complerentur dies pentecostes et Gaude Maria Virgo, et un motet à six voix, Congratulamini mihi.

L'étape suivante de notre parcours est consacrée à l'Officium Hebdomadae Sanctae, publié à Rome en 1585. Il s'agit d'un volumineux recueil contenant des pièces liturgiques diverses pour la Semaine Sainte. Parmi elles, les pièces les plus audacieuses sont peut-être les répons de ténèbres. Dans tous les cas, se sont à elles que Victoria doit une bonne partie de sa réputation aujourd'hui encore. Essentiellement dramatiques, leur écriture est d'une concentration extrême, afin de mettre devant les yeux les différents épisodes de la Passion du Christ. Nous avons choisi d'interpréter les six répons du Jeudi-Saint, qui se focalisent sur la trahison de Judas.

On entend en troisième et dernière partie du programme des extraits de l'avant-dernière publication nouvelle du maître (Madrid, 1600), un recueil d'oeuvres sacrées diverses, dont la principale caractéristique musicale est de réunir essentiellement des oeuvres polychorales (à deux ou trois choeurs). Comme d'autres compositeurs de musique sacrée, Victoria choisit, pour être moderne, la voie de la musique à plusieurs choeurs. Ce choix lui permet de continuer à écrire de la musique polyphonique intéressante, tout en assurant une déclamation rapide du texte et une composante « spectaculaire ». C'est évidemment ici que Victoria est le plus proche du baroque, et certaines de ces oeuvres polychorales (on ne le sait pas assez) n'ont rien a envier à celles de Monteverdi par exemple. Nous avons retenu trois pièces à doubles choeurs, dont les destinations liturgiques diffèrent : le grand Magnificat primi toni (magnificat du premier mode), un motet, O Ildephonse, ainsi que le Kyrie et le Gloria de la Missa Alma redemptoris.

Quatorze chanteurs font revivre ces oeuvres, soit en formation solistes, soit en formation chorale. Le programme est donné entièrement a cappella.

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Concerts

 

Thomas Crecquillon – Compositeur au service de Charles Quint

01.10.2016 à 20h15 – Collégiale de Neuchâtel

02.10.2016 à 17h00 – Lausanne, Eglise de Villamont

14.10.2016 à 20h15 – Genève, Eglise luthérienne

Dernier CD CD Angel's Voice

Francisco Guerrero
The Angel's Voice
DHM, Sony Music, 2011

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